Julián Gayarre


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Julián Gayarre : brève biographie

Sebastián Julián Gayarre y Garjón, l’un des ténors les plus reconnus du XIXe siècle, est né le 9 janvier 1844 à Roncal (Navarre-Espagne).

Fils d’un couple modeste de Roncal, il commença à travailler très tôt comme berger d’un troupeau de moutons. Une fois à Pampelune, on raconte qu’il avait pour habitude de chanter en travaillant dans la forge de Pinaqui, et un collègue lui proposa de s’inscrire à l’Orfeón Pamplonés fraîchement créé.

C’est ainsi qu’il découvrit le monde du solfège aux côtés de Conrado García, organiste de la Cathédrale de Pampelune et mentor de Gayarre, qui lui apprit la méthode de Hilarión Eslava, maître navarrais de Burlada. Eslava séduit par la voix de Gayarre l’aida à entrer au Conservatoire de Madrid avec une bourse, où il remporta le second prix de chant en 1868.

Ses protecteurs et amis de Pampelune lui obtinrent une bourse de la Députation Forale de Navarre qui lui permis d’étudier à Milan (Italie). Il débuta à Varèse en 1869 avec ” L´elisir de amore ” (G. Donizetti), où il connu un immense succès (il chanta la romance ” Una furtiva lagrima ” quelques minutes seulement après avoir reçu un télégramme lui annonçant le décès de sa mère).

Dès lors, sa carrière fut imparable.

Il connu le triomphe à Bologne, Rome, Saint-Pétersbourg, Moscou, Vienne, … En Italie il obtient l’un de ses plus grands succès grâce aux opéras de Wagner, dont la musique avait eu jusqu’alors plus de détracteurs que de défenseurs. Le maître allemand confessa à Gayarre : ” Vous êtes le Lohengrin dont j’avais rêvé “.

Il obtient la consécration ultime le 2 janvier 1876, au théâtre Alla Scala de Milan, avec l’opéra ” La favorita ” (G. Donizetti) et dès lors, il fut considéré comme le premier ténor du monde.

Ses spectacles à Londres, Vienne, Buenos Aires, Rio de Janeiro, Madrid, Séville, Barcelone, Naples, Paris… lui ont valu le surnom de ” Senza rivali ” en Italie, ” le Roi du chant ” en France et ” le Tenor de la voz de ángel ” en Espagne.

En décembre 1889, il accepta de chanter ” Les pêcheur de perles ” (G. Bizet) au Théâtre Royal de Madrid malgré sa maladie. En commençant le si aigu ” Je crois entendre encore ” sa voix se brise et il s’évanouit. Atteint de bronchopneumonie, il mourut à Madrid le 2 janvier 1890, à 46 ans. Il voulait être enterré à Roncal, son village natal et il repose aujourd’hui au cimetière de cette ville Navarre, dans le mausolée créé par Mariano Benlliure en 1901.

En 1903, il le théâtre principal de Pampelune change de nom et devient le théâtre Gayarre, en mémoire du célèbre ténor.

En 1990, l’Association Gayarre Amigos de la Ópera de Navarra (AGAO) voit le jour.

Aujourd’hui encore, plus d’un siècle après sa mort, Julián Gayarre suscite autant d’intérêt et d’admiration. Sa maison de Roncal, transformée en musée reçoit des milliers de visiteurs chaque année, en quête d’informations sur la figure de Gayarre et sur la musique de son époque.

Malgré l’absence d’enregistrements, à en juger par sa carrière de chanteur, les nombreux témoignages des personnes qui ont eut la chance de l’écouter chanter dans les théâtres, les commentaires de ses amis, des compositeurs et de la critique musicale du moment, nous pouvons affirmer que la voix de Julián Gayarre fut l’une des plus extraordinaires de l’histoire de l’art lyrique.